La matière comme sujet.
L'abstrait chez Sabine ne renonce pas à la lisibilité, c'est une figuration ralentie. La matière, les empâtements, les jus de couleur deviennent eux-mêmes le motif. Acrylique, parfois encre, sur toile de coton ou de lin.
La collection Abstrait, en détail.
L'abstraction chez Sabine n'est jamais doctrinaire. Elle dialogue continuellement avec le figuratif : une silhouette peut affleurer, un visage peut être suggéré, un voilier peut apparaître en arrière-plan d'une matière. C'est la liberté autodidacte qui rend possible cette circulation, pas de doctrine, pas de camp.
L'influence Miró est lisible, particulièrement dans les scènes enfantines où des traits évoquent des figures sans jamais les fixer. À côté : l'écho lointain de la peinture américaine d'après-guerre (Helen Frankenthaler pour les jus de couleur, Joan Mitchell pour le geste).
Les Abstraits se collectionnent particulièrement bien en juxtaposition avec une toile figurative de la même main : les bleus se répondent, les blancs cassés se retrouvent. Pour comprendre cette double pratique, lire l'article du journal sur le sujet.